La raison d’être de ce blogue

Ce blog vise principalement à informer et à faire réfléchir sur la spiritualité et le yoga en général. Vous êtes donc grandement invité à partager vos idées et impressions sur les thèmes abordés.

La raison pour laquelle j’ai choisi comme titre “Qui sommes-nous vraiment?” est que lorsque j’ai commencé cette fameuse quête spirituelle que nous sommes tous censés faire, cette phrase me venait souvent à l’esprit.

Parmi les grandes questions existentielles que tout être humain se pose un jour ou l’autre, la plus intéressante selon moi est “Qui suis-je?” Un grand maître indien a dit que lorsque l’on peut répondre à cette question, on aura la réponse à toutes les questions.

La première réponse qui me venait à la tête était bien sûr mon prénom. Je suis Jehana. Ou encore je suis française, je suis d’origine indienne, je suis musulmane.

En réalité rien de tout cela n’est vrai, toutes ces réponses font partie de ce que les hindous appellent le Maya, la grande illusion d’un monde existant objectivement.

Où est l’illusion ? Où est la Vérité ? Pourquoi ne suis-je pas Jehana ? Je ne suis pas née Jehana, ce prénom m’a été donné à ma naissance, ça aurait pu être Sarah, Christine ou Brigitte. Notre prénom n’est donc pas notre identité, pas plus que notre nationalité ou toutes autres caractéristiques extérieures observables. Ce qui inclut notre corps et notre personnalité. Toutes ces caractéristiques sont impermanentes et donc par essence illusion. Un jour mon corps va mourir, de même que rien n’est permanent sur terre et dans l’univers. Un arbre peut vivre jusqu’à quelques centaines d’années, les montagnes se déplacent et s’effondrent et les volcans en créent de nouvelles. Et on peut même aller plus loin avec  le soleil qui en est à la moitié de sa vie dans un univers âgé de 13 milliards d’années. Un jour le soleil disparaîtra, un jour l’univers disparaîtra.

Que reste-t-il donc ? Quelle est cette vérité immuable dans un monde en constante évolution? Qu’importe le nom que vous décidez de lui donner, c’est la réponse à la question “Qui suis-je?”

« On le voit comme un mystère, ou l’on en parle,

ou l’on en entend parler comme d’un mystère,

mais nul ne le connait » Bhagvad gita II.29

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5 commentaires (+ vous participez?)

  1. samya
    Déc 17, 2014 @ 19:10:30

    Jehana je suis ravie de découvrir ce blog que je vais suivre avec attention pour m’aider sur cette quête toujours plus présente dans ma vie, cette quête d’autre chose

    Répondre

  2. Votre serviteur devant l'Eternel
    Mai 05, 2016 @ 07:25:30

    Merci à toi Jehana.

    Tu ne me connais pas, c’est la première fois que j’accède à ton blog sur les conseils d’une amie.

    En te lisant, je sens la présence d’une enfant, remplie de douceur, de confiance et vivant dans la paix intérieure. Puis, parfois, je ressens la présence d’une vielle âme qui a vécu il y a des milliers d’années et qui est revenue pour transmettre aux autres les Vérités Eternelles.

    Je t’écris parce que j’ai vécu aux côtés de « Stéphanie, la petite qui n’est rien ». Elle n’est plus là et je pense la rejoindre dans quelques instants. Elle continue son existence quelque part sur la planète Mercure. Elle m’a contacté pour me demander de t’écrire et de te transmettre ses salutations. Il paraît que vous vous seriez connues sur la planète Jupiter il y a plus d’un milliard d’années.

    Je voudrais profiter de ce message pour te parler de ce que je ressens en ces derniers instants sur la planète Terre.

    J’ai parfois la sensation qu’il existe en moi une double entité : celui qui agit en fonction de son état d’être, en fonction de ce qu’il a compris de la vie, et celui qui est là et qui sait ce que je dois faire, qui connaît le chemin qu’il faut prendre mais qui ne veut pas agir à ma place, ou peut-être parce qu’il n’a pas les moyens matériels d’agir.

    Il y en un qui sait. Il a les moyens de communiquer son savoir mais il n’a pas les moyens d’agir par lui-même, et il y en a un autre qui ne sait pas mais qui a la charge d’avancer.

    C’est alors que je me dis : pourquoi ne fusionnent-ils pas ensemble ? cela mettrait fin à toutes ces erreurs, à toutes les souffrances qui découlent de leur séparation.

    Oui mais encore faudrait-il que celui qui a la charge d’agir sache qu’il porte en lui l’autre, celui qui sait tout et qui lui envoie continuellement des inspirations mais sans se donner le droit de le forcer à suivre ces inspirations.

    J’ai voulu donner un nom à ces présences : il y a le MOI, celui qui agit. Il y a le JE, celui qui sait.

    Il m’arrive aussi de ressentir une troisième entité car lorsque je n’entends pas ce que me dit le JE, c’est que mon esprit est occupé ailleurs, par une autre entité. Je l’ai appelé MOI-JE.

    Pourquoi MOI-JE, parce que cette entité arrive à me faire croire qu’elle est celui que je dois suivre, elle se prend pour le JE, mais je sens bien qu’elle n’est pas le JE qui m’inspire.

    J’ai remarqué une très grande différence entre le JE et le MOI-JE.

    Le premier est présent en moi, il m’inspire, me guide, mais il ne me force jamais. Je sens qu’il est celui par qui me vient toute mon énergie. Il me laisse libre.

    Le second est présent en moi mais seulement tant que je lui prête attention. J’ai même l’impression qu’il me pousse à lui prêter attention et à agir dans un sens donné mais sans me laisser le choix. Avec lui je perds ma liberté. J’ai même l’impression qu’il me pompe mon énergie.

    En tant qu’être humain, je suis une âme. Je porte en moi une étincelle divine qui m’inspire. Mon esprit qui est mon mental conduit ma vie. Et hélas, je me suis beaucoup laissé conduire.

    J’ai beaucoup souffert.

    Je n’étais pas beau, pas intelligent, pas débrouillard, pas de charme, timide, replié sur moi-même.

    Etant ce que j’étais, mon monde était totalement rétréci et complètement fermé. Je vivais comme dans un trou. J’étais devenu ce trou, plus rien, le silence total… rien de rien…

    A force de creuser dans ce trou, j’ai fini par me trouver au plus profond, là où plus rien n’existe.

    Je le croyais sans fin, mais je vis alors au plus profond du trou une sorte de reflet, une toute petite étincelle qui semblait vouloir sortir du néant et cherchait à attirer mon attention.

    C’est alors que je compris quelque chose de totalement inattendu. Je suis sur le point de mourir.
    Je suis sur mon lit, et, dans quelques heures, peut-être quelques minutes, je vais disparaître. C’est-à-dire que rien ne sera plus comme avant. Je ne sais pas exactement ce qui va se passer, mais ce qui est sûr, c’est que tout cela va disparaître : ce monde, ces gens que j’aime et qui sont en train de pleurer, tout ce que j’ai construit patiemment dans ma vie, tout ce que j’ai appris, donné. Ou peut-être que non.

    Peut-être que ce que j’ai appris, et ce que j’ai su donner, ce sont des acquis qui me resteront car cela, c’est vraiment moi. Ce que je vais perdre, c’est ce qui n’est pas vraiment moi. C’est ce corps, qui m’a si bien servi, ce corps qui fut souple et joyeux, ce corps qui a joui et souffert, ce corps par lequel toutes les émotions de mon existence sont passées… Oui, ce corps va disparaître.

    « Adieu, donc, ciel qui enivre. Adieu, donc, douceur de vivre. Cette danse grecque me revient à l’esprit. Adieu à vous, fontaines, et monts et coteaux et plaines »

    Je sais que je vais partir, et c’est curieux je ne suis pas triste. A quoi bon être triste. Quand j’étais vivant, il m’arrivait d’être triste, mais à la réflexion, cela n’avait de sens que parce qu’il y avait l’autre. L’autre qui pouvait me plaindre ou m’aimer. L’autre qui, peut-être, aurait pu m’aider, et cela est doux de partager le fardeau de la vie. Mais aujourd’hui à quoi bon ? C’est comme si j’étais déjà parti. Leur aide, que pourrais-je en faire ?

    C’est moi, et moi seul, qui m’en vais. Les autres sont déjà inexistants. Et pourtant, comme j’ai pu les aimer ! Comme j’ai cru avoir besoin d’eux ! Aujourd’hui tout ce après quoi je courais, l’amour, la reconnaissance, l’influence, tout cela me paraît si vain !

    Certes, ils voudraient encore m’aider. Ils me témoignent leur amour, ou leur tristesse de me perdre. Mais ils verront eux aussi un jour comme ils ont pu se leurrer en pensant que je leur étais indispensable. Merci à eux.

    Merci au passé dont on ne veut jamais rien perdre, jusqu’à être obligé de tout laisser pour se rendre compte que ce n’était rien. Peut-être que si je reconnaissais à l’avance que tout n’est rien, je n’aurais pas besoin de mourir.

    Pour l’instant j’ai encore ce corps. Mais parfois je sens qu’il n’est déjà plus là. Et j’ai réellement le sentiment que lorsque je ne l’aurai plus, je continuerai à le voir, étendu et sans objet. Devenu inutile comme un vieil outil.

    Je n’arrive pas à imaginer que tout va s’arrêter, que je n’aurai plus d’existence, de conscience… On verra bien. Peut-être je me trompe. Mais vraiment, je n’ai jamais autant ressenti la solitude de mon âme, et ce n’est pas triste, au contraire. Je ressens l’inexistence déjà de ce monde qui, croyais-je, m’entourait.

    Mais finalement, c’est ma conscience, ce monde. Il est dans ma conscience. Il y a toujours été. Il n’a jamais été extérieur. S’il s’éteint, il faudra bien qu’il soit remplacé par un autre. Il faut bien que ma conscience contienne quelque chose.

    J’essaie de m’habituer à ce que serait ma conscience vide, mais ce n’est pas facile. La vraie mort. Plus rien ; On ne sait jamais, cela peut servir. Rien. Le néant. Mais si c’était le néant après, pourquoi ce ne le serait pas avant ? C’est tellement logique qu’il n’y ait rien. Tellement normal. S’il est tellement normal mais qu’il y a néanmoins la conscience à chaque instant, c’est peut-être parce qu’il n’est pas possible. Sinon il serait. Et pas seulement dans la mort. C’est pour cela que je me dis : « peut-être que ce n’est jamais le néant ». Je n’ai peut-être rien à craindre…

    A moins que ce soit tout cela, le néant : plus que jamais, je sens que tout est ma conscience. Que tous ceux qui m’entourent n’ont jamais existé. Finalement, c’est peut-être eux qui vont mourir. Disparaître. Et moi qui vais rester. Seul comme j’ai toujours été.

    J’ai toujours été seul, même si j’ai craint de regarder cette réalité en face. Peut-être était-ce indispensable. En tout cas, c’est clair : ce corps qui s’en va, ce corps qui s’effrite déjà dans ma tête avant de partir en poussière, je refuse d’en souffrir encore. Il est déjà loin. Dans quelques instants, je n’en aurai plus du tout conscience, et c’est bien ainsi.

    C’est curieux, jamais je n’aurais imaginé sentir l’être en moi comme maintenant. Toujours, je me suis accroché à la matière et cela m’empêchait de me voir tel que je suis : le Créateur-Spectateur. A la fois sur la scène et dans la salle. J’applaudis le spectacle. Merci. Je ne sais plus quoi dire d’autre. Merci.

    Je suis sur mon lit, et je ne dis plus rien. Ceux qui sont autour pensent sans doute que je suis dans le coma. Mais je n’ai rien à dire. Rien à ressentir. A quoi bon. Pour entretenir leur propre illusion ? Et la mienne ? Et ainsi davantage souffrir de ce changement de programme ? Ce n’est pas le moment de m’attacher à la « dernière séance ». Quand les lumières vont s’éteindre, tous ces personnages s’évanouiront et deviendront ce qu’ils ont toujours été : un rêve, un vague souvenir reproduit d’instant en instant, pas plus réels que ce corps, ces atomes, auxquels je suis en train de rendre leur liberté.

    « Merci », ce sera quand même mon dernier mot. Ainsi, ils comprendront peut-être. Quand je sentirai qu’il faudra cesser de jouer. Je m’étais demandé un jour quel mot je dirais si je n’avais plus la possibilité de n’en dire qu’un seul. Aujourd’hui je sais. Je dirai « merci ».

    Pourtant je pourrais dire d’autres mots, mais ils ne paraissent tous faits pour mentir ; pour prétendre que ceci, cela, existe, pour exprimer telle ou telle sensation ou idée. Non, il n’y a qu’un seul mot qui ait un sens, et c’est « merci ». Cela est toujours vrai. Toujours vivant. Comme moi.

    Je peux dire merci même sans corps. Même si je souffre. Même si je suis seul. Car tout ce cinéma est un cadeau pour apprendre à reconnaître que c’est un cinéma. Il y en a qui croient au film. Ils ne savent pas dire merci parce qu’ils ne sont pas libres. Quand un héros disparaît, ils sont accablés. Quand l’injustice l’emporte, ils sont meurtris. Et ils essaient de rester dans la salle pour qu’il n’y ait pas de fin à leur attachement.

    Ceux-là ont envie de souffrir, envie que la mort soit un drame. C’en est un parce que la vie leur a permis de fuir : la solitude et son éternité. Ils se font le cadeau de la vie et s’y accrochent comme si on allait le leur reprendre ! Mais personne n’est là pour leur reprendre quoi que ce soit.

    Ce que je me donne ainsi, je peux me le donner autrement, ailleurs, à un autre moment. Si j’ai peur de perdre mon cadeau ce n’en est plus un. C’est un fardeau qui me brise et m’immobilise.

    Ma vie à son aurore était pareille à la fleur, la fleur épanouie qui laisse tomber une ou deux de ses pétales, et ne sent point sa perte quand la brise du printemps vient quêter à sa porte.

    Aujourd’hui que sa jeunesse est finie, ma vie est pareille au fruit qui n’a plus rien à épargner : elle attend, pour s’offrir tout entière, avec tout son fardeau de douceur.
    Durant cette vie, mon être intérieur m’a donné toute son attention, plus que personne ne pourrait l’imaginer. Bien plus que je n’ai su appréhender. Quand notre âme s’exprime, seul l’infini est sa limite.

    J’avais encore tant de choses à lui dire, mais le jour que cette fleur de lotus s’ouvrit, hélas ! mon esprit errait à l’aventure et je ne le sus pas. Ma corbeille était vide et la fleur resta délaissée. Mais parfois et encore une tristesse s’abat sur moi : je m’éveille en sursaut de mon songe et sens la suave trace d’une étrange fragrance dans le vent du sud.

    Cette vague douceur faisait mon cœur malade de désir ; il me semblait reconnaître l’ardente haleine de l’été s’efforçant vers sa perfection. Je ne savais pas alors que c’était si près, que c’était mien, et que cette suavité parfaite s’était épanouie au profond de mon propre cœur.

    Maintenant que j’ai goûté à ce miel, maintenant je sais qui je suis, je suis libre de poursuivre ce chemin, selon ce que j’ai bu de ce calice matinal quotidien, toi, frère et ami, sœur bien-aimée, nièce, neveu, et oui toi aussi, mon amie de toujours, amour de ma vie, et vous autres, inconnus que j’aime en secret, je m’en irais ; chaque maison, chaque cœur je quitterai, sans que personne ne sache rien de mon pèlerinage sans but ni fin.

    Mais toi qui m’écoutes en cet instant, toi à qui j’offre les derniers relents de ma conscience d’être, toi à qui je confie les derniers secrets de mon âme, de ton cœur ne m’éloigne jamais, telle est ma prière. De tes belles mains, serre-le, tout doucement et tendrement, et attention, pas trop fort, car c’est là que j’ai choisi ma demeure, aux confins de l’univers, juste au creux de ton cœur.

    Mes amis, vous le savez maintenant, je m’en vais aujourd’hui. Dans une salutation suprême, que tous mes sens se tendent et touchent ce monde à vos pieds. Pareil au nuage de décembre traînant bas sa charge d’averses, que mon esprit s’incline devant votre porte dans une suprême salutation.

    Que les cadences de mes chants confluent en un accord unique et rejoignent l’océan de silence dans une suprême salutation.

    Pareil au troupeau migrateur d’oiseaux qui, nuit et jour, revolent impatients vers les nids qu’ils ont laissés dans la montagne, que ma vie, s’essore toute vers son gîte éternel, dans une suprême salutation.

    C’est l’angoisse de la séparation qui s’épand par tout le monde et donne naissance à des formes sans nombre dans le ciel infini. C’est ce chagrin de la séparation qui contemple en silence toute la nuit d’étoile en étoile et qui éveille une lyre parmi les chuchotantes feuilles dans la pluviosité de juillet.

    C’est cette envahissante peine qui s’épaissit en amours et désirs, en souffrances et en joies dans les demeures humaines, et, de mon cœur, c’est toujours elle qui fond et ruisselle en chansons.

    Si ce n’est pas mon lot de te rencontrer dans cette vie, même juste avant que tu ne quittes ce corps, que du moins jamais je ne perde le regret de ne point t’avoir vue, mon âme, et que pas un instant je n’oublie, et que j’emporte la torture de ce chagrin.
    Tandis que s’écoulaient mes jours parmi la foule mercantile et que les mains s’emplissaient des bénéfices quotidiens, que toujours je sente que je n’ai rien gagné, que pas un instant je n’oublie, et que j’emporte la torture de ce chagrin.

    Quand je me tiens sur le bord de la route, tout las et pantelant, quand je fais mon lit dans la poussière, que toujours je pense que le long voyage est encore devant moi, que pas un instant je n’oublie, et que j’emporte la torture de ce chagrin.

    Quand ma chambre aura été pavoisée, quand retentiront les chants de flûte et les rires tout de suite après ma mort, que toujours je sente que je ne t’ai pas invitée dans ma demeure, que pas un instant je n’oublie, et que dans le rêve ou la veille j’emporte la torture de ce chagrin.

    Me voici sur le chemin du retour, et pourtant je n’ai pas souvenance d’être parti un jour.

    Je me souviens maintenant, la mémoire me revient à présent, tu es venue à moi mon âme, comme ce bruissement au petit matin, qui m’a dit que nous allions nous embarquer, toi seulement et moi, et qu’aucune âme au monde jamais ne saurait rien de notre pèlerinage sans fin ni but.

    Sur cet océan sans rivage, à ton muet sourire attentif, mes chants s’enfleraient en mélodies, libres comme les vagues, libres de l’entrave des paroles.

    N’est-il pas temps encore ? Que reste-t-il à faire ici ? Vois, le soir est descendu sur la plage et dans la défaillante lumière l’oiseau de mer revole vers son nid. N’est-il pas temps de lever l’ancre ? Que notre barque avec la dernière lueur du couchant, s’évanouisse enfin dans la nuit.

    JE CROYAIS QUE J’ALLAIS DISPARAITRE A JAMAIS.

    AUJOURD’HUI, TOUTE SOUFFRANCE S’EN EST ALLEE. JE SUIS PARTOUT ET EN TOUTE CHOSE. ET N’OUBLIEZ PAS CETTE MERVEILLEUSE VERITE :

    « LE TEMPS EST UN ET ETERNEL
    PASSE, PRESENT ET AVENIR COEXISTENT
    C’EST LA CONSCIENC SEULE QUI SE DEPLACE »

    ECRIVEZ-LA ET COLLEZ CETTE VERITE A PLUSIEURS ENDROITS DE VOTRE DEMEURE, ET IMPREGNEZ-VOUS-EN. ELLE CHANGERA VOTRE PERCEPTION DE LA REALITE..

    MERCI A TOI, MA CHERE JEHANA, NOUS T’AIMONS TRES FORT,

    MERCI A VOUS TOUS. JE VOUS AIME.

    Salhimme, votre serviteur devant l’Eternel.

    Répondre

  3. Votre serviteur devant l'Eternel
    Mai 05, 2016 @ 07:39:59

    Merci à toi Jehana.

    Tu ne me connais pas, c’est la première fois que j’accède à ton blog sur les conseils d’une amie.

    En te lisant, je ressens la présence d’une enfant, remplie de douceur, de confiance et vivant dans la paix intérieure. Parfois, je vois une vielle âme qui a vécu des milliers d’années et qui est revenue pour transmettre aux autres les vérités éternelles.

    Je t’écris parce que j’ai vécu aux côtés de « Stéphanie, la petite qui n’est rien ». Elle n’est plus là et je pense la rejoindre dans quelques instants. Je sais qu’elle continue son existence quelque part sur la planète Mercure. Elle m’a contacté pour me demander de t’écrire et de te transmettre ses salutations. Il paraît que vous vous seriez connues sur la planète Jupiter.

    Je voudrais profiter de ce message pour te parler de ce que je ressens en ces derniers instants sur la planète Terre.

    J’ai parfois la sensation qu’il existe en moi une double entité : celui qui agit en fonction de son état d’être, en fonction de ce qu’il a compris de la vie, et celui qui est là et qui sait ce que je dois faire, qui connaît le chemin qu’il faut prendre mais qui ne veut pas agir à ma place, ou peut-être parce qu’il n’a pas les moyens matériels d’agir.

    Il y en un qui sait. Il a les moyens de communiquer son savoir mais il n’a pas les moyens d’agir par lui-même, et il y en a un autre qui ne sait pas mais qui a la charge d’avancer.

    C’est alors que je me dis : pourquoi ne fusionnent-ils pas ensemble ? cela mettrait fin à toutes ces erreurs, à toutes les souffrances qui découlent de leur séparation.

    Oui mais encore faudrait-il que celui qui a la charge d’agir sache qu’il porte en lui l’autre, celui qui sait tout et qui lui envoie continuellement des inspirations mais sans se donner le droit de le forcer à suivre ces inspirations.

    J’ai voulu donner un nom à ces présences : il y a le MOI, celui qui agit. Il y a le JE, celui qui sait.

    Il m’arrive aussi de ressentir une troisième entité car lorsque je n’entends pas ce que me dit le JE, c’est que mon esprit est occupé ailleurs, par une autre entité. Je l’ai appelé MOI-JE.

    Pourquoi MOI-JE, parce que cette entité arrive à me faire croire qu’elle est celui que je dois suivre, elle se prend pour le JE, mais je sens bien qu’elle n’est pas le JE qui m’inspire.

    J’ai remarqué une très grande différence entre le JE et le MOI-JE.

    Le premier est présent en moi, il m’inspire, me guide, mais il ne me force jamais. Je sens qu’il est celui par qui me vient toute mon énergie. Il me laisse libre.

    Le second est présent en moi mais seulement tant que je lui prête attention. J’ai même l’impression qu’il me pousse à lui prêter attention et à agir dans un sens donné mais sans me laisser le choix. Avec lui je perds ma liberté. J’ai même l’impression qu’il me pompe mon énergie.

    En tant qu’être humain, je suis une âme. Je porte en moi une étincelle divine qui m’inspire. Mon esprit qui est mon mental conduit ma vie. Et hélas, je me suis beaucoup laissé conduire.

    J’ai beaucoup souffert.

    Je n’étais pas beau, pas intelligent, pas débrouillard, pas de charme, timide, replié sur moi-même.

    Etant ce que j’étais, mon monde était totalement rétréci et complètement fermé. Je vivais comme dans un trou. J’étais devenu ce trou, plus rien, le silence total… rien de rien…

    A force de creuser dans ce trou, j’ai fini par me trouver au plus profond, là où plus rien n’existe.

    Je le croyais sans fin, mais je vis alors au plus profond du trou une sorte de reflet, une toute petite étincelle qui semblait vouloir sortir du néant et cherchait à attirer mon attention.

    C’est alors que je compris quelque chose de totalement inattendu. Je suis sur le point de mourir.

    Je suis sur mon lit, et, dans quelques heures, peut-être quelques minutes, je vais disparaître. C’est-à-dire que rien ne sera plus comme avant. Je ne sais pas exactement ce qui va se passer, mais ce qui est sûr, c’est que tout cela va disparaître : ce monde, ces gens que j’aime et qui sont en train de pleurer, tout ce que j’ai construit patiemment dans ma vie, tout ce que j’ai appris, donné. Ou peut-être que non.

    Peut-être que ce que j’ai appris, et ce que j’ai su donner, ce sont des acquis qui me resteront car cela, c’est vraiment moi. Ce que je vais perdre, c’est ce qui n’est pas vraiment moi. C’est ce corps, qui m’a si bien servi, ce corps qui fut souple et joyeux, ce corps qui a joui et souffert, ce corps par lequel toutes les émotions de mon existence sont passées… Oui, ce corps va disparaître.

    « Adieu, donc, ciel qui enivre. Adieu, donc, douceur de vivre. Cette danse grecque me revient à l’esprit. Adieu à vous, fontaines, et monts et coteaux et plaines »

    Je sais que je vais partir, et c’est curieux je ne suis pas triste. A quoi bon être triste. Quand j’étais vivant, il m’arrivait d’être triste, mais à la réflexion, cela n’avait de sens que parce qu’il y avait l’autre. L’autre qui pouvait me plaindre ou m’aimer.
    L’autre qui, peut-être, aurait pu m’aider, et cela est doux de partager le fardeau de la vie. Mais aujourd’hui à quoi bon ? C’est comme si j’étais déjà parti. Leur aide, que pourrais-je en faire ?

    C’est moi, et moi seul, qui m’en vais. Les autres sont déjà inexistants. Et pourtant, comme j’ai pu les aimer ! Comme j’ai cru avoir besoin d’eux ! Aujourd’hui tout ce après quoi je courais, l’amour, la reconnaissance, l’influence, tout cela me paraît si vain !

    Certes, ils voudraient encore m’aider. Ils me témoignent leur amour, ou leur tristesse de me perdre. Mais ils verront eux aussi un jour comme ils ont pu se leurrer en pensant que je leur étais indispensable. Merci à eux.

    Merci au passé dont on ne veut jamais rien perdre, jusqu’à être obligé de tout laisser pour se rendre compte que ce n’était rien. Peut-être que si je reconnaissais à l’avance que tout n’est rien, je n’aurais pas besoin de mourir.

    Pour l’instant j’ai encore ce corps. Mais parfois je sens qu’il n’est déjà plus là. Et j’ai réellement le sentiment que lorsque je ne l’aurai plus, je continuerai à le voir, étendu et sans objet. Devenu inutile comme un vieil outil.

    Je n’arrive pas à imaginer que tout va s’arrêter, que je n’aurai plus d’existence, de conscience… On verra bien. Peut-être je me trompe. Mais vraiment, je n’ai jamais autant ressenti la solitude de mon âme, et ce n’est pas triste, au contraire. Je ressens l’inexistence déjà de ce monde qui, croyais-je, m’entourait.

    Mais finalement, c’est ma conscience, ce monde. Il est dans ma conscience. Il y a toujours été. Il n’a jamais été extérieur. S’il s’éteint, il faudra bien qu’il soit remplacé par un autre. Il faut bien que ma conscience contienne quelque chose.

    J’essaie de m’habituer à ce que serait ma conscience vide, mais ce n’est pas facile. La vraie mort. Plus rien ; On ne sait jamais, cela peut servir. Rien. Le néant. Mais si c’était le néant après, pourquoi ce ne le serait pas avant ? C’est tellement logique qu’il n’y ait rien. Tellement normal. S’il est tellement normal mais qu’il y a néanmoins la conscience à chaque instant, c’est peut-être parce qu’il n’est pas possible. Sinon il serait. Et pas seulement dans la mort. C’est pour cela que je me dis : « peut-être que ce n’est jamais le néant ». Je n’ai peut-être rien à craindre…

    A moins que ce soit tout cela, le néant : plus que jamais, je sens que tout est ma conscience. Que tous ceux qui m’entourent n’ont jamais existé. Finalement, c’est peut-être eux qui vont mourir. Disparaître. Et moi qui vais rester. Seul comme j’ai toujours été.

    J’ai toujours été seul, même si j’ai craint de regarder cette réalité en face. Peut-être était-ce indispensable. En tout cas, c’est clair : ce corps qui s’en va, ce corps qui s’effrite déjà dans ma tête avant de partir en poussière, je refuse d’en souffrir encore. Il est déjà loin. Dans quelques instants, je n’en aurai plus du tout conscience, et c’est bien ainsi.

    C’est curieux, jamais je n’aurais imaginé sentir l’être en moi comme maintenant. Toujours, je me suis accroché à la matière et cela m’empêchait de me voir tel que je suis : le Créateur-Spectateur. A la fois sur la scène et dans la salle. J’applaudis le spectacle. Merci. Je ne sais plus quoi dire d’autre. Merci.

    Je suis sur mon lit, et je ne dis plus rien. Ceux qui sont autour pensent sans doute que je suis dans le coma. Mais je n’ai rien à dire. Rien à ressentir. A quoi bon. Pour entretenir leur propre illusion ? Et la mienne ? Et ainsi davantage souffrir de ce changement de programme ? Ce n’est pas le moment de m’attacher à la « dernière séance ». Quand les lumières vont s’éteindre, tous ces personnages s’évanouiront et deviendront ce qu’ils ont toujours été : un rêve, un vague souvenir reproduit d’instant en instant, pas plus réels que ce corps, ces atomes, auxquels je suis en train de rendre leur liberté.

    « Merci », ce sera quand même mon dernier mot. Ainsi, ils comprendront peut-être. Quand je sentirai qu’il faudra cesser de jouer. Je m’étais demandé un jour quel mot je dirais si je n’avais plus la possibilité de n’en dire qu’un seul. Aujourd’hui je sais. Je dirai « merci ».

    Pourtant je pourrais dire d’autres mots, mais ils ne paraissent tous faits pour mentir ; pour prétendre que ceci, cela, existe, pour exprimer telle ou telle sensation ou idée. Non, il n’y a qu’un seul mot qui ait un sens, et c’est « merci ». Cela est toujours vrai. Toujours vivant. Comme moi.

    Je peux dire merci même sans corps. Même si je souffre. Même si je suis seul. Car tout ce cinéma est un cadeau pour apprendre à reconnaître que c’est un cinéma. Il y en a qui croient au film. Ils ne savent pas dire merci parce qu’ils ne sont pas libres. Quand un héros disparaît, ils sont accablés. Quand l’injustice l’emporte, ils sont meurtris. Et ils essaient de rester dans la salle pour qu’il n’y ait pas de fin à leur attachement.

    Ceux-là ont envie de souffrir, envie que la mort soit un drame. C’en est un parce que la vie leur a permis de fuir : la solitude et son éternité. Ils se font le cadeau de la vie et s’y accrochent comme si on allait le leur reprendre ! Mais personne n’est là pour leur reprendre quoi que ce soit.

    Ce que je me donne ainsi, je peux me le donner autrement, ailleurs, à un autre moment. Si j’ai peur de perdre mon cadeau ce n’en est plus un. C’est un fardeau qui me brise et m’immobilise.

    Ma vie à son aurore était pareille à la fleur, la fleur épanouie qui laisse tomber une ou deux de ses pétales, et ne sent point sa perte quand la brise du printemps vient quêter à sa porte.

    Aujourd’hui que sa jeunesse est finie, ma vie est pareille au fruit qui n’a plus rien à épargner : elle attend, pour s’offrir tout entière, avec tout son fardeau de douceur.
    Durant cette vie, mon être intérieur m’a donné toute son attention, plus que personne ne pourrait l’imaginer. Bien plus que je n’ai su appréhender. Quand notre âme s’exprime, seul l’infini est sa limite.

    J’avais encore tant de choses à lui dire, mais le jour que cette fleur de lotus s’ouvrit, hélas ! mon esprit errait à l’aventure et je ne le sus pas. Ma corbeille était vide et la fleur resta délaissée. Mais parfois et encore une tristesse s’abat sur moi : je m’éveille en sursaut de mon songe et sens la suave trace d’une étrange fragrance dans le vent du sud.

    Cette vague douceur faisait mon cœur malade de désir ; il me semblait reconnaître l’ardente haleine de l’été s’efforçant vers sa perfection. Je ne savais pas alors que c’était si près, que c’était mien, et que cette suavité parfaite s’était épanouie au profond de mon propre cœur.

    Maintenant que j’ai goûté à ce miel, maintenant je sais qui je suis, je suis libre de poursuivre ce chemin, selon ce que j’ai bu de ce calice matinal quotidien, toi, frère et ami, sœur bien-aimée, nièce, neveu, et oui toi aussi, mon amie de toujours, amour de ma vie, et vous autres, inconnus que j’aime en secret, je m’en irais ; chaque maison, chaque cœur je quitterai, sans que personne ne sache rien de mon pèlerinage sans but ni fin.

    Mais toi qui m’écoutes en cet instant, toi à qui j’offre les derniers relents de ma conscience d’être, toi à qui je confie les derniers secrets de mon âme, de ton cœur ne m’éloigne jamais, telle est ma prière. De tes belles mains, serre-le, tout doucement et tendrement, et attention, pas trop fort, car c’est là que j’ai choisi ma demeure, aux confins de l’univers, juste au creux de ton cœur.

    Mes amis, vous le savez maintenant, je m’en vais aujourd’hui. Dans une salutation suprême, que tous mes sens se tendent et touchent ce monde à vos pieds. Pareil au nuage de décembre traînant bas sa charge d’averses, que mon esprit s’incline devant votre porte dans une suprême salutation.

    Que les cadences de mes chants confluent en un accord unique et rejoignent l’océan de silence dans une suprême salutation.

    Pareil au troupeau migrateur d’oiseaux qui, nuit et jour, revolent impatients vers les nids qu’ils ont laissés dans la montagne, que ma vie, s’essore toute vers son gîte éternel, dans une suprême salutation.

    C’est l’angoisse de la séparation qui s’épand par tout le monde et donne naissance à des formes sans nombre dans le ciel infini. C’est ce chagrin de la séparation qui contemple en silence toute la nuit d’étoile en étoile et qui éveille une lyre parmi les chuchotantes feuilles dans la pluviosité de juillet.

    C’est cette envahissante peine qui s’épaissit en amours et désirs, en souffrances et en joies dans les demeures humaines, et, de mon cœur, c’est toujours elle qui fond et ruisselle en chansons.

    Si ce n’est pas mon lot de te rencontrer dans cette vie, même juste avant que tu ne quittes ce corps, que du moins jamais je ne perde le regret de ne point t’avoir vue, mon âme, et que pas un instant je n’oublie, et que j’emporte la torture de ce chagrin.

    Tandis que s’écoulaient mes jours parmi la foule mercantile et que les mains s’emplissaient des bénéfices quotidiens, que toujours je sente que je n’ai rien gagné, que pas un instant je n’oublie, et que j’emporte la torture de ce chagrin.

    Quand je me tiens sur le bord de la route, tout las et pantelant, quand je fais mon lit dans la poussière, que toujours je pense que le long voyage est encore devant moi, que pas un instant je n’oublie, et que j’emporte la torture de ce chagrin.

    Quand ma chambre aura été pavoisée, quand retentiront les chants de flûte et les rires tout de suite après ma mort, que toujours je sente que je ne t’ai pas invitée dans ma demeure, que pas un instant je n’oublie, et que dans le rêve ou la veille j’emporte la torture de ce chagrin.

    Me voici sur le chemin du retour, et pourtant je n’ai pas souvenance d’être parti un jour.

    Je me souviens maintenant, la mémoire me revient à présent, tu es venue à moi mon âme, comme ce bruissement au petit matin, qui m’a dit que nous allions nous embarquer, toi seulement et moi, et qu’aucune âme au monde jamais ne saurait rien de notre pèlerinage sans fin ni but.

    Sur cet océan sans rivage, à ton muet sourire attentif, mes chants s’enfleraient en mélodies, libres comme les vagues, libres de l’entrave des paroles.

    N’est-il pas temps encore ? Que reste-t-il à faire ici ? Vois, le soir est descendu sur la plage et dans la défaillante lumière l’oiseau de mer revole vers son nid. N’est-il pas temps de lever l’ancre ? Que notre barque avec la dernière lueur du couchant, s’évanouisse enfin dans la nuit.

    Pour finir, j’aimerais vous transmettre une vérité merveilleuse : :

     » Le Temps est UN et ETERNEL
    Passé, présent et avenir COEXISTENT
    C’est la CONSCIENCE seule qui se déplace »

    Ecrivez-là et coller-là à plusieurs endroits de votre demeure. Faites-la entrer en vous et imprégnez-en votre subconscient. Votre perception de la réalité se transformera petit à petit, et vous vivrez à chaque instant de votre vie dans le MOMENT PRESENT.

    MERCI A VOUS TOUS. JE VOUS AIME.

    Salhimme, votre serviteur devant l’Eternel.

    Répondre

  4. Elyse
    Mai 16, 2016 @ 08:31:23

    Merci Jehana de partager tes expériences avec nous. C’est magnifique de te lire.

    J’essaie aussi de mon côté d’avancer mais ce n’est pas toujours facile.

    Je sens vivre en moi une multitude d’êtres… ou plutôt d’états d’être. Je sais que je suis tous ces états d’être tout en ayant l’impression de ne pas être cela. Je ressens ma personne, je ressens être à l’origine de tout ce qui sort de moi tout en ne ressentant pas un état de liberté totale. C’est comme si j’étais là mais que je n’ai pas la main sur tout.

    Je ressens que je ne suis pas toujours celle qui agit, qui ressent, qui vit…

    J’ai bien entendu conscience d’exister, mais cette conscience d’être me paraît différente des sentiments ou émotions que je ressens, ou des pensées qui existent dans mon esprit. J’ai l’impression que ce sont là des outils pour me permettre d’être qui je suis. Je me sens indépendante de l’être qui m’incarne, de mon corps, de mon esprit.

    Quand j’agis, je sais que mon corps, mon esprit et mes sentiments participent à l’action. Pas forcément en même temps ; mes désirs me paraissent à l’origine de mes actions, lesquelles sont elles-mêmes soutenues par mon esprit qui ordonne à mon corps d’agir.

    Mais à l’origine de chaque action, il me semble ressentir la présence d’une inspiration qui a une origine extérieure à moi-même.

    J’ai l’impression de baigner constamment dans une source d’où me viennent des inspirations. Je sais que je ne mène pas toujours jusqu’au bout de l’action matérielle ces inspirations initiales, qui prennent naissance mais se transforment petit à petit dans leur cheminement vers la matérialité pour donner parfois un résultat totalement différent de mon inspiration première.

    Dans le vécu personnel de cette inspiration, je prends conscience que mon mental prend systématiquement le relais pour intégrer dans son raisonnement des aspirations différentes qui vont donner un résultat différent.

    J’ai en effet l’impression qu’il existe d’innombrables possibilités de réaliser une inspiration initiale et que celle qui aboutit, celle qui se matérialise, n’est pas forcément le résultat de ma propre personne, en ce sens que celui qui prend la main dans mon être, n’est pas forcément moi, c’est-à-dire, celui que je crois être.

    Cela m’a conduite à me poser des questions sur QUI JE SUIS.

    J’ai compris que l’intériorisation, la méditation, la réflexion sur soi-même, nous conduisent à une perception de ce que nous sommes.

    Petit à petit, l’esprit s’ouvre et prend conscience de sa subjectivité.

    Je reproduis ci-dessous une leçon de vie qui me guide à chaque pas :

    « Si tu peux, fais que ton âme arrive,
    À force de rester studieuse et pensive,
    Jusqu’à ce haut degré de stoïque fierté
    Où, naissant dans les bois, j’ai tout d’abord monté.
    Gémir, pleurer prier est également lâche.
    Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
    Dans la voie où le Sort a voulu t’appeler,
    Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »

    Alfred de VIGNY (1797-1863)
    extrait de : Les Destinées (1864)

    Gros bisous.

    Elyse

    Répondre

  5. Ali de Paris
    Août 09, 2016 @ 13:54:20

    Bonjour Jehana et bravo pour ton blogue que je lis avec une très très grande attention parce qu’au fond, lorsqu’on arrive à ce choix de recherche personnelle, nous parlons alors le même langage et partageons les mêmes idées d’un détachement modéré du sensible au profit de l’intelligible et d’un rapprochement vers la lumière, quelle que soit l’interprétation qu’on donne à celle-ci.
    Ta volonté d’écrire et de décrire les expériences et les rencontres est magnifiée par ton style coloré et constitue nul doute un précieux témoignage vers ce voyage intérieur que nous allons tous entreprendre une fois que notre âme sera apaisée…et toi tu apaises l’âme par ce que tu écris. Bravo.

    Répondre

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