Une vie de service pour mettre fin au mensonge de notre existence: Vipassana 3 le retour du méditant

Il est sûr que je m’y attendais un peu, mais malgré tout le retour à vie la citadine fut bien plus difficile que je ne l’aurais pensé. Pourtant mon désir de rentrer à Montréal était sincère. Même si j’ai adoré mes six mois à l’ashram, je sentais qu’il était temps de revenir dans la société. Je crois que ce j’ai trouvé le plus difficile c’est de me retrouver dans un environnement “moins pur” ou autrement dit moins spirituel. À l’ashram, tout ce que nous faisions c’était pour notre pratique spirituelle, la première chose que nous faisions le matin (à 6h) c’était d’aller méditer dans le silence pendant trente minutes.

Je me suis rendu compte à quel point commencer la journée par ces précieuses trente minutes de silence avec nous-mêmes fait, en réalité, une énorme différence. Cela ne veut pas dire que les jours où je ne le fais pas, ma journée sera moins paisible; c’est plutôt la pratique régulière qui a fini par me permettre de garder cet état de calme et de recul dans les choses qui se passe dans mon mental. C’est pourquoi aujourd’hui je trouve encore la force de venir méditer tous les matins à Montréal dans le silence.

Une autre chose que j’appréciais beaucoup à l’ashram c’était de savoir que les autres staffs étaient ici car ils étaient à un moment de leurs vies où le désir de quête spirituel  était plus grand que la réussite matérielle. Même si c’était temporaire, ils avaient pris la décision de prendre une pause, il avaient compris que dans la vie il y avait quelque chose de bien plus important à faire, que de se lever tous les matins, juste pour manger, dormir, travailler ou se divertir. Ils ressentaient ce désir de se libérer d’eux même et de leurs souffrance. Là-bas, j’avais l’impression que l’on regardait dans la même direction. Et même si personne n’était parfait et qu’on avait tous nos qualités et défauts, nous jouions moins ce rôle social, ce désir de montrer une image de réussite, d’être populaire, d’avoir beaucoup d’amis, de montrer qu’on s’amusait, qu’on était entouré et qu’on ne se sentait jamais seul. Là-bas, j’avais l’impression d’être plus moi-même, je trouvais qu’il était plus facile de se connecter avec les autres, d’ouvrir nos cœurs et de partager notre monde et nos expériences. Il y avait beaucoup de gens que j’avais rencontré qui ont joué un rôle important dans ma vie simplement en étant eux même, ils ont fait la différence.

“Put your heart, mind, and soul into even your smallest acts. This is the secret of success.” Sivananda

À la fin du TTC (Teacher Training Course pour devenir professeur de yoga), un des enseignants qui nous avait formé nous expliquait qu’il arrivait parfois que des personnes restent trop longtemps à l’ashram pour de mauvaises raisons. Que ce soit pour “fuir” une situation ou parce que la vie est plus facile là-bas car nous n’avons aucune responsabilité donc aucune inquiétude. Il y avait juste à suivre l’horaire quotidien et faire son karma yoga, même les repas étaient cuisinés pour nous. Ainsi avec le temps, le cœur n’y était plus, et on commençait à stagner dans notre cheminement spirituel. Lorsque cette situation nous arrivait, le professeur nous demandait de nous souvenir pourquoi est-ce nous avons pris initialement la décision de venir à l’ashram. Sûr le coup je n’avait pas eu le temps de réfléchir et je ne me suis pas souvenue pourquoi j’étais venue à l’ashram. Je me rappelais juste que ça faisait longtemps que j’y pensais.

Puis le professeur répondit: “C’est pour servir”, et la réponse résonna en moi. Juste après je suis allée vérifier dans le formulaire que j’avais rempli six mois auparavant; et en effet à la question : Pour quels motifs désirez-vous joindre le Centre de Yoga Vedanta Sivananda? Les premiers mots que j’ai mis dans ma réponse sont “Pour servir (…)” Comment avais-je pu oublier ma première motivation? Depuis ce jour, je me suis promis de le graver dans ma mémoire. Et même lorsque je ne suis pas à l’ashram, j’essaie de faire de ce simple désir de servir ma motivation dans tout ce que j’entreprends. Souvent ce souvenir me vient à la tête, et même si je trouve cela difficile de continuer la pratique spirituel tout en vivant une vie dans la société et dans le système. Je sens bien que ces six mois d’expérience ont été profondément transformatrice et m’ont donné une certaine force intérieure. Ce n’est pas que je sais que rien de mal ne va m’arriver mais plutôt quoi qu’il peut m’arriver de mal je sais que je pourrais le supporter.

“I slept and I dreamed that life is all joy. I woke and I saw that life is all service. I served and I saw that service is joy.” Kahlil Gibran

 

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1 commentaire (+ vous participez?)

  1. Patricia
    Juin 03, 2016 @ 21:24:27

    Merci pour ces articles toujours si enrichissants.

    Répondre

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