Spiritual journey in India Chapter 3: Welcome to Dharma Peetha

Since I begin the spiritual quest, I often felt like I was too lucky. No matter what I want, be it a spiritual or material desire, I always get it in one way or another.

I remember when I was reading the book Autobiography of a Yogi, Yogananda said that when he was a child he fled from his home to the Himalayas to find his Guru. It made me dream about it, I would have liked to be as brave as he and go in the mountains of the Himalayas to find my spiritual guide. Even if I could imagine doing it, I knew that deep down it would never happen.

Eventually, I did not even have to search. It is said that when the disciple is ready, the guru appears. Was I ready, two years ago, the first time I met Sri Tathata? Am I still ready today, now that I meet him again? Maybe each of the single days of my life were days when I was ready to meet my guru.

When I went to see an astrologer in Chennai he told me that I was a person in spiritual quest and that I was asking deep questions such as why I was born. Indeed, this question keeps coming back to me. Why I came back to earth again, in an Indian woman’s body, why I was born in Paris at 00:55, why I was born in this Ismaili family. And even if I can find all sorts of logical answers, I have done this or that in my previous lives. I started something I did not finish, I made promises I did not keep, I have things to forgive, things to live again, things to learn, people to meet so they teach me and show me who I am through them, people to meet in order to inspire them the spiritual path.

In reality there is not even a spiritual progression, there is no beginning and no end, there is no birth and death, there is no this or that past life, there is no karma to burn or create.

Whatever  all the answers I can have, whatever all the experiences, the visions, the sounds that I can hear, that matter all devotional tears. All of this is only Maya. The relativity of experience is far from the Absolute Truth. So where all of this is leading me? Maybe I am more on the right karmic path and fulfill my mission as a human being. Yet, I feel that all this is far from what I really seek. I’m looking for who I am, I’m looking for the truth with a big T. And I have no idea what it is. Words, descriptions only reduce and limit it. I can no longer identify it through the filters of the mind.

Where is the Silence, Moksha, Samadhi, enlightenment, self-realization. Sometimes when I meditate and look deeply into myself, I see nothing but obscurity. I feel like a bottomless well of ignorance. Everything I believe in disappears, all the truths that define the perception of the world in which I live suddenly disappear, because everything is just illusion. However, I cannot find anything else to hang on. When, I realize all of this, I want to cry because I do not know who I am. Because I understand that I live every second of my life completely embedded in Maya.

Of course, when I think about my spiritual journey, I am much happier today than it was a year or two or five years ago. Every year is better than the previous one. Work has been accomplished, the body and mind are healthier, calmer and purer. The process of cleansing follows its course and inner purification brings me more and more inner peace, more control and awareness of my thoughts, my subconscious behaviors, less fear, more light and a feeling of happiness that appears sometimes for no reason.

Dr. Bali used to say that we are spiritual beings in a human journey. I do not know where this journey on earth will take me, this trip to India and this inner journey; but it seems to me that there is actually no place to go and no goal to achieve in this quest of God.

Moksha is in the heart of a man, which is free from hatred, lust, egoism, greed and desires.— Sri Swami Sivananda

Voyage spirituel en Inde chapitre 3: Bienvenue au Dharma Peetha

Depuis que j’ai commencé la quête spirituelle, j’ai souvent eu l’impression d’être trop chanceuse. Qu’importe ce que je veux, que ce soit un désir spirituel ou matériel, je finis toujours par l’obtenir d’une manière ou d’une autre.

Je me souviens lorsque je lisais les lignes du livre Autobiographie d’un Yogi, Yogananda racontait que lorsqu’il était enfant il s’enfuyait de chez lui pour aller dans les Himalaya afin de trouver son Guru. Cela me faisait rêver, j’aurais aimé être aussi courageuse que lui et  m’en aller moi aussi dans les montagnes de l’Himalaya pour trouver mon guide spirituel. Même si je pouvais m’imaginer le faire, je savais qu’au fond de moi cela n’arrivera jamais.

Finalement, je n’ai même pas eu à chercher. On dit que lorsque le disciple est prêt, le guru apparaît. Étais-je prête, il y a deux ans, la première que fois que j’ai rencontré sri Tathata? Suis-je prête aujourd’hui encore, maintenant que je le rencontre de nouveau? Peut-être que chacun des jours de ma vie étaient des jours ou j’étais prête à rencontrer mon guru.

Lorsque je suis allée voir un astrologue à Chennai, il m’a dit que j’étais une personne en quête spirituelle et que je me posais des questions profondes telle que pourquoi je suis née. En effet, cette question ne cesse de revenir en moi. Pourquoi je suis revenue sur terre encore une fois, dans un corps de femme indienne, pourquoi je suis née à Paris à 00h55, pourquoi je suis née dans cette famille Ismailienne. Et même si je peux trouver toutes sortes de réponses logiques, j’ai fait ceci ou cela dans mes vies antérieures. J’ai commencé quelque chose que je n’ai pas terminé, j’ai fait des promesses que je n’ai pas tenues, j’ai des choses à pardonner, des choses à revivre, des choses à apprendre, des gens à rencontrer pour qu’ils m’apprennent et me montrent qui je suis à travers eux, des gens à rencontrer afin de leur inspirer le chemin spirituel.

En réalité il n’y a même pas de progression spirituelle, il n’y a pas de début et de fin, il n’y a pas de naissance et de mort, il n’y a pas telle ou telle vie antérieure, il n’y a pas de karma à brûler ou a créer.

Qu’importent toutes les réponses que je peux avoir, qu’importent toutes les expériences, les visions, les sons que je peux entendre, qu’importent toutes les larmes dévotionnelles. Tout cela n’est que Maya. La relativité de l’expérience est bien loin de l’Absolue Vérité. Mais ou cela me mène-t-il vraiment? Peut-être que je suis de plus en plus sur le bon chemin karmique et que j’accomplis ma mission en tant qu’être humain. Pourtant, j’ai l’impression que tout cela est bien loin de ce que je recherche vraiment. Je recherche qui je suis réellement, je recherche la vérité avec un grand V. Et je n’ai aucune idée ce que c’est. Les mots, les descriptions ne font que réduire et limiter. Je ne peux plus l’identifier à travers les filtres du mental.

Où est le Silence, Moksha, Samadhi, l’illumination, la réalisation de soi. Quelquefois lorsque je médite et que je regarde profondément en moi je ne vois que de l’obscurité. J’ai l’impression d’être un puits sans fond d’ignorance. Tout ce en quoi je crois disparaît, toutes les vérités qui définissent la perception du monde dans laquelle je vis, soudainement disparaissent, car tout n’est qu’illusion. Cependant je ne trouve rien d’autre à quoi m’accrocher. Lorsque, je me rends compte de tout cela j’ai envie de pleurer car je ne sais pas qui je suis. Parce que je réalise que je vis chacune de toutes les secondes de ma vie complètement enfoncée dans Maya.

Bien sûr, lorsque je pense à mon cheminement spirituel, je suis bien plus heureuse aujourd’hui qu’il y a un an ou deux ans ou cinq ans. Chaque année est meilleure que la précédente. Du travail a été accompli, le corps et le mental sont en meilleurs santé, plus calmes et plus pures. Le processus de nettoyage suit son cours et la purification intérieure m’apporte de plus en plus de paix intérieure, plus de contrôle et de conscience de mes pensées, de mes comportements subconscients, moins de peur, plus de lumière et un sentiment de bonheur qui apparaît parfois sans aucune raison.

Dr Bali a l’habitude de dire que nous sommes des êtres spirituels dans un voyage humain. Je ne sais pas où me mènera ce voyage sur terre, ce voyage en Inde et ce voyage intérieur; mais il me semble qu’il n’y a en fait aucun endroit où aller et  aucun but à atteindre dans cette quête de Dieu.

Moksha is in the heart of a man, which is free from hatred, lust, egoism, greed and desires. — Sri Swami Sivananda

Une vie de service pour mettre fin au mensonge de notre existence: Vipassana 3 le retour du méditant

Il est sûr que je m’y attendais un peu, mais malgré tout le retour à vie la citadine fut bien plus difficile que je ne l’aurais pensé. Pourtant mon désir de rentrer à Montréal était sincère. Même si j’ai adoré mes six mois à l’ashram, je sentais qu’il était temps de revenir dans la société. Je crois que ce j’ai trouvé le plus difficile c’est de me retrouver dans un environnement “moins pur” ou autrement dit moins spirituel. À l’ashram, tout ce que nous faisions c’était pour notre pratique spirituelle, la première chose que nous faisions le matin (à 6h) c’était d’aller méditer dans le silence pendant trente minutes.

Je me suis rendu compte à quel point commencer la journée par ces précieuses trente minutes de silence avec nous-mêmes fait, en réalité, une énorme différence. Cela ne veut pas dire que les jours où je ne le fais pas, ma journée sera moins paisible; c’est plutôt la pratique régulière qui a fini par me permettre de garder cet état de calme et de recul dans les choses qui se passe dans mon mental. C’est pourquoi aujourd’hui je trouve encore la force de venir méditer tous les matins à Montréal dans le silence.

Une autre chose que j’appréciais beaucoup à l’ashram c’était de savoir que les autres staffs étaient ici car ils étaient à un moment de leurs vies où le désir de quête spirituel  était plus grand que la réussite matérielle. Même si c’était temporaire, ils avaient pris la décision de prendre une pause, il avaient compris que dans la vie il y avait quelque chose de bien plus important à faire, que de se lever tous les matins, juste pour manger, dormir, travailler ou se divertir. Ils ressentaient ce désir de se libérer d’eux même et de leurs souffrance. Là-bas, j’avais l’impression que l’on regardait dans la même direction. Et même si personne n’était parfait et qu’on avait tous nos qualités et défauts, nous jouions moins ce rôle social, ce désir de montrer une image de réussite, d’être populaire, d’avoir beaucoup d’amis, de montrer qu’on s’amusait, qu’on était entouré et qu’on ne se sentait jamais seul. Là-bas, j’avais l’impression d’être plus moi-même, je trouvais qu’il était plus facile de se connecter avec les autres, d’ouvrir nos cœurs et de partager notre monde et nos expériences. Il y avait beaucoup de gens que j’avais rencontré qui ont joué un rôle important dans ma vie simplement en étant eux même, ils ont fait la différence.

“Put your heart, mind, and soul into even your smallest acts. This is the secret of success.” Sivananda

À la fin du TTC (Teacher Training Course pour devenir professeur de yoga), un des enseignants qui nous avait formé nous expliquait qu’il arrivait parfois que des personnes restent trop longtemps à l’ashram pour de mauvaises raisons. Que ce soit pour “fuir” une situation ou parce que la vie est plus facile là-bas car nous n’avons aucune responsabilité donc aucune inquiétude. Il y avait juste à suivre l’horaire quotidien et faire son karma yoga, même les repas étaient cuisinés pour nous. Ainsi avec le temps, le cœur n’y était plus, et on commençait à stagner dans notre cheminement spirituel. Lorsque cette situation nous arrivait, le professeur nous demandait de nous souvenir pourquoi est-ce nous avons pris initialement la décision de venir à l’ashram. Sûr le coup je n’avait pas eu le temps de réfléchir et je ne me suis pas souvenue pourquoi j’étais venue à l’ashram. Je me rappelais juste que ça faisait longtemps que j’y pensais.

Puis le professeur répondit: “C’est pour servir”, et la réponse résonna en moi. Juste après je suis allée vérifier dans le formulaire que j’avais rempli six mois auparavant; et en effet à la question : Pour quels motifs désirez-vous joindre le Centre de Yoga Vedanta Sivananda? Les premiers mots que j’ai mis dans ma réponse sont “Pour servir (…)” Comment avais-je pu oublier ma première motivation? Depuis ce jour, je me suis promis de le graver dans ma mémoire. Et même lorsque je ne suis pas à l’ashram, j’essaie de faire de ce simple désir de servir ma motivation dans tout ce que j’entreprends. Souvent ce souvenir me vient à la tête, et même si je trouve cela difficile de continuer la pratique spirituel tout en vivant une vie dans la société et dans le système. Je sens bien que ces six mois d’expérience ont été profondément transformatrice et m’ont donné une certaine force intérieure. Ce n’est pas que je sais que rien de mal ne va m’arriver mais plutôt quoi qu’il peut m’arriver de mal je sais que je pourrais le supporter.

“I slept and I dreamed that life is all joy. I woke and I saw that life is all service. I served and I saw that service is joy.” Kahlil Gibran

 

Parole d’une yogi à une petite fille: la vie ne se résume pas à ce qu’on fait mais à ce qu’on est

Je me souviens lorsque j’étais enfant, je ne comprenais pas comment certains de mes camarades pouvaient déjà savoir avec certitude ce qu’ils voulaient faire quand ils seront plus grand. Ce qui me surprenait le plus c’est que l’idée n’avait pas toujours l’air de venir d’eux-mêmes. La plupart du temps ce sont les parents ou les adultes, qui disent quand tu seras grand tu deviendras ceci ou cela. Je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire quand je serais grande, mais je savais que je trouverais par moi-même  sans que quelqu’un me suggère quoique ce soit. En réalité, une partie de moi ne comprenait déjà pas l’intérêt de travailler, gagner sa vie, acheter une maison, une voiture, fonder une famille, pour finalement mourir et rien emporter de tout ce qu’on a accumulé. Il doit bien y avoir quelque chose de plus important à faire lorsqu’on se lève tous les matins, que juste manger, travailler, se divertir. Quel est le véritable but de la vie? Peut-on vraiment réduire notre si courte et insignifiante vie à ce que la société nous demande de faire ? Avons-nous une destinée et une raison d’être plus grande et plus importante que cela ?

Lorsque j’ai commencé le yoga, j’ai commencé brusquement et graduellement à perdre tout intérêt pour la vie matérielle. J’ai arrêté d’écouter de la musique, de regarder des films et des séries, je n’aimais pas le travail que je faisais (qui était très ennuyant de toute façon), je n’avais plus envie de sortir faire la fête ou boire de l’alcool. Mais j’ai réalisé l’extrémité de ce changement d’état d’esprit lorsque je me suis rendu compte que j’ai perdu tout intérêt dans les études. Je m’étais pourtant lancé dans un cursus passionnant. Les gens qui étudient en Gestion du Développement International et Action Humanitaire ne le font pas pour l’argent ou le prestige. Ils le font pour deux passions, aider les autres et les voyages. Deux choses qui me correspondaient pourtant parfaitement.

Maintenant que je savais que le développement international n’était pas ma voie. Que me restait-il donc ? Que voulait faire la petite fille en moi? (À part élever des tigres).

Je ne me voyais devenir professeur de yoga à temps plein lorsque j’ai commencé à enseigner car cela ne faisait que 6 -7 mois que je pratiquais le yoga. J’avais aussi beaucoup de travail à faire sur moi-même et sur ma manière d’enseigner le yoga. Parfois je pouvais m’imaginer ouvrir un studio ou une retraite de yoga, mais ce n’est pas ce que j’aimerais réellement faire.

Mes idées se sont éclaircies durant ma deuxième formation de yoga à l’ashram Sivananda. Je savais qu’un jour j’aimerais être professeur assistante et aider pendant les TTC (Teacher Training Course) car l’expérience TTC est une magnifique opportunité d’apporter plus de spiritualité dans la vie des gens. (Ce qui est exactement ce que j’aimerais faire à travers le yoga). Mais plus important, j’ai compris que mon but dans la vie et le but de tout être humain sur terre est bien plus important et divin que de juste trouver un métier qui nous correspond (que ce soit pour aider ou non). Nous sommes ici pour trouver une Vérité plus grande, qui nous dépasse. Pour réaliser que l’infinité de l’univers n’est pas un mystère insondable et qu’il est possible de transcender cette vérité en nous. Quoi que nous fassions de bon ou mauvais dans la vie, nous finirons tous par mourir et renaitre puis remourir et renaitre de nouveau. Une réincarnation sans fin, accumulant le karma. Nous sommes ici pour la sadhana (pratique spirituelle) et la purification. Pour ouvrir nos yeux, notre cœur et notre âme au fait que Dieu n’est pas une théorie, seule la pratique et l’expérience le ou la rendra réel.

Combien de temps consacrons-nous à la spiritualité? Avons-nous réellement le désir de nous libérer de nos chaines invisibles, ou préférons nous continuer à vivre cette vie misérable et vide de sens ?

Pendant mon cheminement spirituel, il m’est arrivé plusieurs fois de me poser profondément la question, pourquoi suis-je ici sur terre? Même si je peux trouver toute sorte de réponse, même si je sais ce que j’ai fait dans mes anciennes vies pour en arriver là. J’ai pris conscience que l’ignorance est encore en moi, en réalité je ne sais pas qui je suis, je ne sais ce que je veux et je ne sais pas ce que je fais ici. Les mots ne suffiront jamais à me donner cette réponse que j’attends. J’aimerais m’en remettre totalement à cette chose au-dessus de tout. J’aimerais donner toutes mes peurs, mes fausses croyances, mon ignorance et mon obscurité. J’aimerais abandonner tout désir et toutes mes fausses identifications. Car nous sommes bien  le corps et la chair, plus que l’énergie et le prana, plus que le mental et l’intellect. Plus subtil que la vibration, nous sommes la vérité ultime. Nous sommes sat chid ananda, existence, connaissance et béatitude.

“You are the master of your own destiny. You can do and undo things. You sow an action and reap a tendency. You sow a tendency and reap a habit. You sow a habit and reap your character. You sow your character and reap your destiny. Therefore, destiny is your own creation.” Sivananda

 

La beauté de la quête spirituelle ou comment donner un sens à notre vie en faisant face à nos démons intérieur

Depuis que je suis à l’ashram Sivananda la quête spirituelle a pris tout un autre sens pour moi; car de la première activité le matin à la dernière le soir, la pratique spirituelle est devenue présente. J’ai la sensation que la chance ne fait que me sourire, j’ai beaucoup plus de pensées positives et seines, je progresse plus rapidement dans mon cheminement spirituel et dans la quête du soi, et surtout je me retrouve souvent bizarrement heureuse sans raison particulière. J’aurais dû me douter dès le début que ce passage dans les Laurentides ne se résumerait pas seulement à deux mois pendant l’été. La décision m’a semblé tellement évidente que je n’ai pas eu à réfléchir à si je devais rester ou pas. En fait, il fallait juste que je m’organise logistiquement avant de l’annoncer officiellement.

Est-ce que la quête spirituelle est plus facile dans un ashram que dans « le vraie monde »? Pas forcement, je crois que ça dépend de notre personnalité, certains sont capable d’avoir un pratique régulière sans pour autant devoir s’éloigner de la ville; alors que d’autre ont besoin de recule physique pour avoir du recule sur soi-même. Dans un sens vivre dans un ashram est plus facile car nous sommes protéger des tentations extérieur. Et pourtant vivre dans une communauté comporte de nombreux défis, particulièrement sur notre propre comportement avec les autres et avec nous-même. Personnellement le plus dur pour moi aura été d’avoir perdu « ma solitude ». J’ai trouvé difficile de ne jamais pouvoir faire quelque chose sans parler à quelqu’un. Je ne voulais pas nécessairement m’isolé des autres et faire mes choses toutes seules; au contraire j’ai toujours aimé la présence des gens autour de moi, mais j’aurais bien mangé un repas sans parler aux gens sur la même table, parfois j’aimerai faire mon karma yoga sans avoir à discuter de tout et de rien, et simplement être présente dans ce que je fais.

Récemment j’ai compris à quel point mon corps, mon énergie et mon mental sont en train de se purifier, car à ma grande surprise le karma yoga nettoie l’intérieur, et je commence à en ressentir les effets. Le problème lorsque l’on passe par se processus de purification est que cela va aussi réveiller des choses endormis et caché profond à l’intérieur. C’est à ce moment-là que le voyage intérieur devient une guerre intérieure. Faire face cette part d’ombre et d’obscurité, d’émotions négatives, de pensées négatives à l’intérieur est difficile. De fois elle peut se matérialiser sous forme d’image pendant la méditation, de mauvaises paroles ou bien de mauvaises pensées. Et même si je sais que tout cela n’est pas vraie, que je ne devrais pas m’identifier à cela et que je devrais simplement l’accepter et l’honorer; j’éprouve encore de la difficulté à le faire. On a parfois l’impression de faire deux pas en arrière, mais en réalité c’est bien un pas en avant de plus dans le cheminement spirituel.

Même si venir à l’ashram est probablement une des meilleures décisions que j’ai pu prendre, je ressens encore cette incomplétude en moi. Mon désir de libération intérieur ne fait que grandir et je ne peux accepter de passer encore un jour comme cela; avec cet ego, cette mauvaise identification du je. Qui suis-je vraiment derrière tout cela? Pourquoi doit-on passer par toutes ces incarnations humaines? Quel est la source de la création et de l’Univers? Je ressens l’envie de plus de sadhana (pratique spirituelle tel que la méditation, le chant, le yoga, le karma yoga), de plus de tapas (austérité); car je suis fatigué de ressentir tous ces samskara (les impressions suite à une action ou tendances résiduelles subconscientes) dans mes postures de yoga. Je ressens le désir d’aller à la rencontre des grands sages (connu ou pas connu) de l’Inde. Pour qu’ils me donnent la force spirituelle et le courage; parce que leur simple présence ou le simple fait de penser à eux me rapproche de cette paix intérieur que je recherche tant. Je me sens perdu et incomplète dans ma vie spirituelle, mais paradoxalement je ne me suis jamais autant retrouvé en accord avec mes valeurs et en harmonie avec qui je suis.

Un être spirituel dans un corps humain pour le voyage d’une vie terrestre: Notre boussole intérieur

Après réflexion, j’ai commencé à penser que peut-être cette envie de voyager d’explorer le monde et ces cultures avait une raison précise. Tant de petites choses si différentes dans le monde, assez pour nous déstabilisé parfois. Ne serait-ce que pour dire bonjour il existe tellement de manière différente, ce qui peut être une offense dans une culture peut être une marque de respect dans une autre. Et pourtant il y a comme un langage universel, on réussira toujours à ce faire comprendre d’une manière ou d’une autre, et à partager de merveilleux moment. Voyageons-nous vraiment pour rencontrer de nouvelles personnes et vivre de nouvelles aventures en sachant que ce sera impermanent qu’il y aura une fin, un adieu; ou voyageons-nous parce que nous sommes à la recherche de quelques choses? Après chaque voyage nous en reportons forcement transformé, grandi, avec une plus grande sagesse. Nous en ressortons différent, les joies et les peines vécus ont laissé une empreinte à l’intérieur et forge notre caractère. Se pousser hors de notre de zone de confort à l’extérieur, nous pousse hors de notre zone de confort à l’intérieur aussi. Les voyages nous aident à nous dépasser, à explorer notre monde intérieur, à découvrir de quoi nous sommes capables. Les voyages nous rendent courageux.

J’avouerais qu’une part de moi était à la recherche de ce voyage qui transformera ma vie, un peu comme dans le film “Mange, prie, aime”. Faire une pause dans la vie qu’on mène pour « aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte ». Je me sens chanceuse d’avoir eu droit à “ce voyage” si rapidement. En rentrant de l’Inde, sans que je m’en rends compte vraiment, j’étais toujours la même personne mais je ne faisais plus du tous les mêmes choses. Ma centralité avait changé. La vie continuait son court mais les joies et peines avaient un goût différent, un goût plus vrai et authentique. Je me sentais plus en phase avec moi-même et plus connecté. J’ai commencé à être plus honnête et vraie envers moi-même et par conséquent avec les autres. Petit à petit j’ai appris à ouvrir mon cœur et à comprendre que le véritable amour ne peut pas faire de mal.

On dit que ce qui compte le plus dans un voyage, ce n’est pas la destination mais le chemin parcourus. Les détours, les rencontres et surtout les épreuves dont on ressort toujours plus fort, grandit et sage. J’imagine que c’est même chose pour le voyage intérieur que nous faisons dans notre quête spirituelle. Au final le but et le chemin parcourus pour y arriver sont les mêmes. Est-ce que l’illumination est vraiment le but de la vie ? Ou vivre sa vie est un but en soit ?

Lorsque l’humilité rencontre la sagesse, pour un esprit pur et parfait : L’orgueil ou Vipassana 2 Le retour

« Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien. » Socrate

Ma deuxième expérience de retraite de méditation silencieuse Vipassana m’a permis de réaliser ce que j’appellerai une loi de la nature essentielle à notre cheminement spirituel. On parle souvent de vivre et de rester dans le moment présent, car le passé et le futur ne sont pas réels. Le passé est terminé et on ne peut rien y faire quoi qu’il arrive. On a beau le savoir, pourtant combien sommes-nous à ruminer sur un regret d’un choix de vie. Par exemple, si j’avais fait ceci ou cela je serais à tel endroit en ce moment. Combien sommes-nous à se rappeler consciemment ou inconsciemment d’une mauvaise expérience qu’on aurait vécue. Pour ce qui est du futur je crois que certaines personnes planifient beaucoup trop le leurs. On peut prévoir ce que l’on va faire 1 an, 2 ans ou 5 ans à l’avance et pourtant presque tout le temps, les choses ne se passent jamais comme prévu.

Depuis que j’ai commencé le yoga et la méditation, j’ai senti parmi les nombreux effets bénéfiques sur mon quotidien, que je me souciais de moins en moins du passé et du futur. Bien sûr, comme tout le monde, il m’arrive encore de me faire des scénarios catastrophes de temps en temps. Mais à côté de cela, pendant ces deux dernières années, j’ai accumulé de nombreux souvenirs liés à mes expériences dans la recherche intérieure. Alors, c’est comme si mes désirs de progresser dans ma vie matérielle se sont transférés à un désir de plus en plus grand à progresser dans la vie spirituelle, et surtout la peur de ne jamais retrouver les expériences que j’ai trouvées jusqu’à maintenant.

Dans les nombreux livres sur la philosophie du yoga et l’hindouisme en général les sages parlent du risque de devenir envieux, orgueilleux et egocentrique, car en passant au travers du cheminement spirituel on se retrouve forcément avec ce que j’appelle les supers pouvoirs. Certains peuvent sortir de leurs corps et voyager, certains peuvent voir les auras ou l’énergie et la contrôler, certains peuvent voir et communiquer avec les esprits, certains peuvent voir l’avenir, certains rêves de leurs vies antérieure ou future, certains peuvent avoir des visions ou entendre des sons, sentir des odeurs. Comme il est facile de se dire la phrase toute simple « moi je peux faire ceux-ci ou cela, ou en sont les autres? »

J’ai réalisé que même si le but de ma vie et de toute vie est d’atteindre la vie éternelle, l’éveil et la libération intérieure, même si pour atteindre ce but on n’a pas le choix de passer par toutes ces expériences tellement incroyables tel que l’extase et la béatitude, même si ces expériences sont  plus profondes et intenses, ou bien un peu moins incroyables; j’ai finalement réalisé que tout cela n’a en réalité aucune importance, tout cela n’est rien et ne vaut rien. Pourquoi? Pour la simple raison que le passé est le passé. Ces expériences ne resteront rien de plus que des souvenirs. Lorsque j’ai réalisé cela pendant mon séjour à Montebello j’ai eu la sensation que tout le savoir accumulé de mes expériences, tout ce en quoi j’ai toujours cru sur le cheminement spirituel avait disparu. Plus rien n’avait d’importance tous les chemins spirituels avait disparu. J’avais l’impression que mon cerveau avait été formaté et qu’il n’y avait plus qu’une feuille blanche dans ma tête. Il ne restait plus qu’une vérité, la vérité que rien n’existe. La vérité que j’ai eu tort, tort de croire que j’avais trouvé quelque chose, tort de vouloir, tort de penser. Je ne peux plus comparer et juger les religions, les maitres spirituels et les voies non religieuses comme les associations telles qu’Art de Vivre ou le yoga de Dr Bali. Je ne vois plus aucune différence entre tout cela, même si les chemins sont différents, ils mènent tous exactement au même but; ils ont bien plus en commun qu’on ne le pense.

« J’ai renoncé à la dualité, j’ai vu que les deux mondes sont un : Un seul je cherche, Un seul je sais, Un seul je vois, Un seul j’appelle. Il est le Premier, Il est le Dernier, Il est le Manifeste, Il est le Caché; je ne connais nul autre que Lui. O Lui qui est ! »  Rumi

L’illusion d’une vie chaotique, sous le voile de la vraie vision: La fin de Maya

Je me souviens que lorsque j’étais plus jeune, avant de commencer le yoga et la méditation, j’avais quand même un petit intérêt pour la religion et la spiritualité en général. Ce qui me fascinait le plus la dedans, c’etait la foi des pratiquants, la certitude que Dieu existe, le courage d’aller prier ou méditer régulièrement, et la persévérance. En réalité, une part de moi était jalouse. Je ne comprenais pas d’où venait cette volonté. Je savais que c’était bien mais je me demandais pourquoi ça ne marchait pas sur moi, alors que j’ai reçu la même éducation religieuse. Bien sûr rien n’est parfait, et ce qui m’empêchait de m’investir dans la religion c’était de voir que la plupart des « adultes » pratiquants qui ne respectaient pas totalement les règles « basiques » telles que ne pas voler, ne pas mentir, pas de commérages, ne pas boire d’alcool ou fumer. Il faisait le contraire de ce qu’il disait.

J’ai lu le livre Le pouvoir du moment présent, dans lequel Eckart Tolle raconte, dans un chapitre, une histoire de Jésus tirée du Nouveau Testament. Une femme a été attrapée  et condamnée pour adultère, et la punition à l’époque était la lapidation. Jésus en prenant sa défense a dit la fameuse phrase “Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre”. Lorsque j’ai lu ce passage, je me suis sentie mal d’avoir osé juger et condamner les autres. Et honnêtement, qui ne le fait pas ? Nous serons toujours bons pour trouver les fautes des autres, mais jamais les nôtres. Bizarrement nous n’en sommes pas conscients, et lorsque quelqu’un nous faits la remarque on se vexe ou on ignore. Alors par où faut-il commencer ? Arrêter de se juger soi-même pour ne pas juger les autres ? Ou bien le contraire?

Pour ma part, je suis loin d’arriver à ce stade. Pour certaines choses je peux être très conciliante et pour d’autres je juge, je fais des commentaires mentaux, que ce soit pour moi ou les autres. J’ai appris lors de mon premier cours Vipassana (retraite de 10 jours de méditation dans le silence), que cela peut être difficile de s’aimer soi-même. Et pour pousser la réflexion  encore plus, que veut dire s’aimer et s’accepter soi-même? Qui aime qui ? Qui aime quoi ? Qu’est-ce que le  « je » qui fait l’action d’aimer ou ne pas aimer ?

Il existe plusieurs niveaux de l’existence, et on peut choisir de déplacer notre perception suivant le niveau. Quelqu’un de superficiel ne verra que la surface des choses. Le premier niveau étant le corps, on juge au premier abord sur l’aspect physique. Ensuite il y a l’esprit ou le mental, on juge sur la personnalité, la manière d’être. Et enfin il y a l’âme, notre perception transcendant le modèle habituel et nous voyons le plus profond de la personne, la divinité en elle, la lumière. On dit que les yeux sont la fenêtre de l’âme. On devrait voir dans les yeux de chaque être humain exactement la même chose, une certaine constance unique et parfaite, immobile. En réalité personne n’est bon ou mauvais. Un assassin n’est pas né assassin, il l’est devenu par la circonstance des choses, mais il est né en tant que bébé innocent exactement au même titre que n’importe qui. C’est pourquoi même si la vie sur terre semble aller de plus en plus mal, même si nous détruisons l’environnement et nous faisons du mal les uns les autres; nous avons la possibilité à chaque instant de ne plus le faire. Même s’il est difficile de sortir de tous nos conditionnements, la terre regorge de nouvelles personnes prenant conscience qu’ils ne jetteront jamais la première pierre. Je crois en la capacité de l’être humain de faire du monde un endroit plus agréable à vivre. Et j’ai espoir en l’humanité, nous pouvons choisir de ne voir que perfection et complétude en toute chose vivante. Je crois en une nouvelle ère plus en harmonie avec la terre et notre véritable nature. Car, des ténèbres nous plongeant dans l’ignorance de notre monde plein d’illusions, où rien d’autre que la mort nous attend; jusqu’à la lumière source de la vérité et promesse d’une vie éternelle. Nous ferons tous ce simple voyage intérieur, tout droit jusqu’au tréfonds de notre divine âme. Il faut simplement avoir le courage d’y aller, nous avons tous des démons intérieurs à combattre, mais ils ne sont qu’illusion et derrière se cache notre vraie nature, conscience pure.

Om sarvesam svasti bhavatu            May auspiciousness be unto all

Sarvesam santir bhavatu                  May peace be unto all

Sarvesam purnam bhabatu              May fullness be unto all

Sarvesam mangalam bhavatu          May prosperity be unto all

 

Sarve bhavantu sukhinah                  May all be happy

Sarve santu niramayah                     May all be free from disabilities

Sarve bhdrani pasyantu                    May all look the good of others

Ma kascid dukhbhag bhavet            May none suffer from sorrow

Une Vérité absolue dans un monde relatif: La révolution intérieure ou comment prendre le temps de prendre du temps

Je trouve que de nos jours il est difficile de gérer son temps entre le travail, la famille, les loisirs, et surtout avec la spiritualité. Je ne sais pas si c’est le mode de vie réunionnais ou parce que lorque l’on est jeune nous avons moins de responsabilités, mais je n’ai pas le souvenir que les journées puissent passer si vites. Même en prenant le temps de rien faire les heures défilent comme des secondes. C’est drôle comme la vitesse du temps peut être relative à ce qu’on fait. Par exemple, à Vipassana le temps passe tellement lentement que les premiers jours en sont presque insupportables (en particulier pour le premier cours), alors que quand j’ai un rendez-vous quelque part, j’ai bizarrement jamais le temps de me préparer pour arriver à l’heure.

Plus précisément, ces dernières années j’essaie tant bien que mal de gérer mon temps entre le yoga (et la spiritualité), la famille, l’université et les amis. Il y a forcément certaines choses sacrifiées pour d’autres mais il est toujours possible de trouver plus ou moins un équilibre. « Malheureusement » le yoga et la spiritualité passent presque avant tout pour moi, bien avant les études ou la vie professionnelle, et à moindre mesure avant les amis et la famille.

Un sadhû en Inde est une personne qui a renoncé à toutes possessions matérielles et à ses liens familiaux pour se consacrer pleinement à la quête spirituelle. Est-ce que le sacrifice en vaut la peine? Est-il nécessaire de faire un choix aussi extrême ou existe-t-il une voix du milieu? Je suis persuadée qu’il est possible de vivre une vie spirituelle harmonieuse dans un monde matériel, mais il faut être doté d’une force de caractère incroyable et d’une volonté infaillible.

Pour ma part je ressens le besoin de « tricher » et de m’éloigner de la ville et de son quotidien pour aller faire des retraites de méditation et de yoga, cependant ce besoin ne se limite plus à un week end ou une dizaine de jours. La vie que l’on mène, les buts et objectifs que l’on se fixe ne font plus de sens pour moi. Je ne vois pas l’intérêt de mettre tant d’effort et d’énergie dans quelque chose, si ce n’est pas pour la recherche de la connaissance de Dieu. Comment avoir un intérêt pour un monde impermanent? Pourquoi vouloir quelque chose qui disparaitra? Nos possessions, nos relations, notre réputation, notre identité… Peut-être qu’on a besoin des gens comme les sadhûs, les sanyasins, les moines bouddhistes, les prêtres et les imams prêt à sacrifier leur vie pour se consacrer au divin, pour donner un équilibre à toutes les personnes qui ne le font pas.

Je suis persuadée qu’il est possible de vivre une vie spirituelle épanouie dans un monde matériel, mais je ressens le besoin de rééquilibrer toutes ces années éloignées de ma vraie nature en consacrant chaque minute, chaque seconde, chaque souffle au voyage intérieur sur le chemin de la libération. Je ressens le besoin d’une révolution intérieure pour comprendre  le véritable sens du mot amour et compassion, pour être digne du cadeau de cette vie humaine, pour comprendre le monde dans lequel nous vivons et l’origine de l’univers car…

« Au commencement il n’y avait rien, puis il y a une vibration. La vibration fit un mouvement qui créa l’énergie, qui donna un son. Ce son est Om. Om est la syllabe sacré de la création de l’univers.»-Dr Bali. Om est passé, présent, futur. Si la vie devait être réduite en un mot ce serait Om. Om est le langage universel. Om est Dieu. Om est le mot le plus important qui existe, il est le sens de la vie. Om est le début, le milieu et la fin, il est donc éternel. Comprendre le Om, c’est comme comprendre dieu.

Chacune de nos paroles, et de manière plus subtile, nos paroles sous forme de pensées, créent des sons et donc des vibrations. Le monde est vibration en constant mouvement. Sans repos, la symphonie de ces ondes est le langage de l’univers. Il est possible d’apprendre ce langage, et le contrôle du mental en est le secret. C’est cela le but du Yoga.

Yoga Chitta Vittri Nirodha : Le yoga est l’arrêt de l’activité mental. (Sutra 1.2 de Patanjali)

Om tat sat.

Au-delà de l’espace et du temps, lorsque passé, présent et futur ne font plus qu’un; à la recherche d’une vie éternelle : la réincarnation

Qui n’a jamais rêvé de connaître ses vies antérieures (pour peu qu’on y croit)? Qui n’a jamais voulu savoir ce qu’il se passe après la mort? Lorsque j’ai commencé le yoga je me suis souvenu du film Enter the Void réalisé par Gaspar Noé. Il a écrit le scénario après avoir lu le livre tibétain des morts (Bardo Thödol). Intéressée par le bouddhisme en général, je me suis donc lancée dans la lecture de ce livre à propos de ce sujet si spécial: la mort. Ce livre est probablement un des plus ésotériques que je n’ai jamais lu. Tout le long du livre on voit apparaitre toutes sortes de dieux/monstres à cinq bras, deux têtes et trois yeux. Tout plein d’étapes pour en revenir à une nouvelle incarnation, un nouveau corps, une nouvelle vie. L’hindouisme dit que le but est de mettre fin au cycle des réincarnations. Si l’on fait de mauvaises actions on aura une mauvaise incarnation, si on fait de bonnes actions on se réincarne dans une bonne famille. S’il y en a qui se demande qui peut bien juger de ce qu’est une bonne ou une mauvaise action, le Bhagavad gita (poème indien extrait du livre Mahabharata) nous en donne une bonne explication.

Le Karma Yoga est le yoga de l’action désintéressé. Ce qui compte vraiment ce n’est pas l’action en elle-même mais plutôt l’intention que l’on met dans l’action. Il est facile d’aider quelqu’un ou de faire du bénévolat; mais si on a l’idée derrière la tête d’attendre quelque chose en retour, comme un service par exemple ou du bénévolat juste pour avoir de l’expérience sur le cv et non pour le simple plaisir d’aider. En ayant une attente on enlève toute la pureté à l’action car le mental s’en mêle.

« Il t’appartient d’agir sans jamais un regard pour les fruits de l’action. Ne fait jamais du fruit de l’action ton mobile. » Baghavad gita

Ainsi suivant nos actions et nos incarnations nous accumulons du karma (bon ou mauvais). Ce karma appelé prarabdha karma est le karma accumulé des anciennes vies qui “expliquent” d’une certaine manière notre vie actuelle. Si vous vous sentez chanceux dans votre vie et famille actuelle c’est que vous avez probablement accumulé beaucoup de bon karma. Cela veut aussi dire qu’une partie du cheminement spirituel a été entamé. Le karma dans le contexte des réincarnations permet aussi d’expliquer les talents innés. Bien sûr il est toujours difficile de différencier la frontière entre les conséquences de nos actes de cette vie et celle de nos vies passées. Le prarabdha karma est aussi le karma qui expliquerait un grand évènement un peu hasardeux qui pourrait ou qui pourra un jour transformer votre vie. Il m’a fallu plusieurs mois pour comprendre que ce voyage un Inde qui transforma radicalement la mienne faisait en fait partie de ce karma, et que quoi qu’il arrive cet évènement est écrit dans mon destin grâce à mes vies antérieures.

« Celui qui ordonne toutes choses contrôle le destin des êtres en accord avec leur prarabdhakarma. Tout ce qui est destiné à ne pas se produire ne se produira pas, quel que soit votre effort. Tout ce qui est destiné à se produire se produira, quel que soit votre effort pour l’empêcher. C’est une chose certaine. La meilleure conduite à suivre est donc de rester tranquille. » Ramana Maharshi

Si vous êtes curieux d’en savoir plus sur vos vies antérieures certaines personnes sont capables de les trouver pour vous. (En espérant ne pas tomber sur des charlatans) mais il est aussi possible de trouver par soi-même. On dit que Siddhârta Gautama (le bouddha) a atteint l’éveil après s’être assis sous l’arbre de la bodhi et avoir fait le vœu de ne pas bouger tant qu’il n’aura pas atteint le but. Parmi tous les états pendant lequel il est passé, pendant toutes ces journées assis en méditation, il s’est souvenu de la totalité de ses existences antérieures.

« Accomplissez toutes vos actions sans une raison. La vie se vit pour elle-même et pour aucune autre raison… L’amour n’a pas de pourquoi »  Maître Eckhart

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